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Ces piscines bébé nageur permettent aux mamans l'éveil aquatique de bébé


Pour pratiquer cette activité d'éveil : bébé en piscine. Votre enfant doit porter un maillot de bain couche.

 

 

Trichloramine et le bébé nageur

Pour avoir connu des yeux rougis, des rougeurs  de la peau et des irritations nasales après une séance de baignade en piscine, nous savions tous que les eaux chlorées étaient la cause principale de cet état de fait.
Plus précisément, c’est la trichloramine  gaz très volatil qui se propage dans l’air ambiant qui en est la cause. Elle se développe dans les eaux chlorées. Quand le chlore ou ses dérivés tels que le sel d’hypochlorite ou les chlorothioisocyanurates  se mélangent avec des composés organiques  azotés tel que la transpiration, la sueur, l’urine, la salive, les squames, la  diarrhée, l’eczéma, les déchets végétaux, les cosmétiques de maman ou de papa etc.……….
La dégradation de ces composés produit de la chloramine qui désinfecte l’eau. Mais dans l’air ambiant cette chloramine se transforme en trichloramine sous forme de gaz qui peut être inhalée, ces trichloramines sont situées sur 10 cm de haut à la surface de l’eau quand les piscines sont mal ventilées. Il ne faut pas l’oublier que  dans l’idéal des piscines au chlore  l’air devrait être constamment renouvelée (de 6 à 8 fois par heure) et cet air nouveau (donc non recyclé) devrait être réchauffé constamment à deux degrés de plus que l’eau (cela n’est jamais le cas pour des questions de coût énergétique). Sachant  que  l’exposition est maximisée lors des séances de bébés nageurs où ceux-ci sont carrément plongés dans l’eau, et que  dans les premiers mois, il y a un réflexe des voies respiratoires qui fait que les poumons des bébés nageurs sont alors imprégnés par le chlore.
Si à court terme, la trichloramine provoque comme nous l’avons précédemment écrit des irritations des yeux, de la peau,  du nez, et  des troubles respiratoires, à long terme en affectant constamment les voies respiratoires, elle peut provoquer de l’asthme, des bronchites chroniques et des rhinites. (C’est l’équipe du professeur Alfred Bernard de l’Université de Louvain  en Belgique qui a montré par ses recherches entreprises au début des années 2000 que l’exposition à l’air des piscines intérieures  détruisait les cellules de Clara. Et cette lésion  cellulaire significative est irréversible. Ces cellules de Clara sont des cellules souches de l’épithélium respiratoire qui sécrètent  certaines protéines anti inflammatoires qui ont pour fonction de protéger et de réparer les poumons. Cette destruction prédispose  les enfants à des crises d’asthmes et à  des infections pulmonaires telles que les bronchites récurrentes. Ces lésions de cellules de Clara seraient de l’ordre de 20% (à titre comparatif, il faudrait une dizaine années de tabagisme pour perdre cette même quantité de cellule de Clara).
Les bébés nageurs, les enfants de moins de 7 ans, les individus  âgés, de même que les personnes ayant des défenses immunitaires fragilisées seront les personnes les plus touchées.

Mesures simples pour combattre la trichloramine

Les premières mesures simples pour combattre  la trichloramine pour  qu’elle  ne se développe pas dans l’air ambiant  passeraient :
- par une ventilation accrue du bâtiment où se trouve  la piscine.
- l’obligation systématique de prendre  une douche avant de rentrer dans le bassin.
- le port obligatoire du  bonnet de bain.
- pour les mamans ne pas accompagner les bébés en cas de menstruation  même avec un tampon hygiénique, cela  permettrait aussi de diminuer les composés organiques susceptibles de se décomposer au contact du chlore.

Il serait aussi louable de recourir à d’autres moyens pour traiter les eaux de baignade avec une désinfection :
-à l’ozone.
- par les UV (à titre informatif, la ville de Genève (Suisse) a pris le problème à bras le corps et toutes les piscines des communes environnantes (Vernets, Varembé, Paquis Centre, Contamines et Liotard) ont un système de dépollution aux UV). Il est à noter que ce type de dépollution  n’évite pas complètement  l’utilisation du chlore, mais le diminue, ce qui a pour finalité d’abaisser le taux des trichloramines présent dans l’air de 0,5mg/M3 à 0,15mg/M3

(Pour celles et ceux qui voudraient approfondir l’étude, voir le lien de Dr Constance Barazzone Argiroffo, pédiatre de l’unité de pneumologie à l’hôpital des enfants de Genève et  son étude parue en 2009 dans la revue Paediatrica)
-ou encore la désinfection au Polyhexamethylene plus connu sous le vocable de PHMB (mais qui a un   grand handicap : son prix).

Bénéfice de l’éveil aquatique chez les nourrissons.

En conclusion, il peut être important de prendre un peu de recul  et ne  pas noircir trop le tableau  sur le danger des séances de 15 minutes de bébé nageur.
En effet il est difficile de passer sous silence le ratio Risque/Bénéfice de l’éveil aquatique chez les nourrissons.
Sachant qu’il existe de plus en plus de piscines privées et que le taux de mortalité dû aux noyades chez l’enfant de moins de 15 ans qui était de 62/66 cas par an au derniers recensement des années 1970 , il est passé  à 15 à 20 cas (toujours trop nombreux) dans les années 1990, cela suggère que la généralisation de l’apprentissage de l’éveil aquatique est  une des causes principales de la diminution de la mortalité par noyade.
Si la plupart des personnes vous suggèrent, avant d’inscrire votre tête blonde au bébé nageur, de   demander conseil à votre pédiatre  traitant, il   serait peut-être souhaitable  que le nombre  de décès par noyade toujours non négligeable chez l’enfant, n’augmente de nouveau, à cause de mesures préventives drastiques, prises sans réflexion globale.
Et il serait bon d’envisager :
- chercher une piscine dépolluée avec un autre système que le chlore.
-  trouver une  petite structure certes  plus chère, mais avec de meilleures prestations et un taux d’occupation du bassin  plus faible.
- respecter les obligations imposées par les piscines, et qui ne sont  pas forcements comprises, (mesures d’hygiènes corporelles plus sévères, port systématique du bonnet pour le parent et l’enfant, marché avec des claquettes et non des chaussures de ville près du bassin etc.……
- s’informer sur la présence  de grands bacs tampon afin de garantir la qualité de l’eau avec des tamis, des filtres, et l’utilisation de coagulant/floculant  qui vont permettre la filtration de substances solubles ou grossir des solides trop fin pour être retenu dans le filtre.
-respecter  la présence  d’un  seul parent dans l’eau.

Substances chimiques et réglementation

D’autre part sachant  que les connaissances, sur les substances chimiques et  pathogènes pouvant être présents dans l’eau durant les activités de loisirs  éducatifs en milieu aquatique,  se sont largement développées justifiant une mise à jour d’une nouvelle réglementation (en France par l’ANSES : Agence Nationale de Sécurité  Sanitaire , de l’Environnement et Du Travail) (même si tous les pays n’adoptent  pas des normes identiques) pour réduire les risques éventuelles pour la santé des bébés nageurs et du personnel formateur, la décision de ne plus participer au bébé nageur doit être nuancée. (S’il est d’autre part impossible d’ignorer les études des effets de la trichloramine sur les cellules de Clara sur un échantillon faible d’enfant, cette étude devrait  être évidement confirmée à une échelle plus grande.

PS :
Un petit rappel peut être nécessaire montrant l’immaturité du système pulmonaire chez les sujets jeunes :
Si le développement alvéolaire se poursuit avec une augmentation du nombre des alvéoles jusqu’à l’âge de 2 ans, les voies aériennes poursuivent leur maturation pour aboutir à la structure définitive du poumon jusqu’à l’âge de 8 ans. Et donc à huit ans la structure définitive du poumon sera composée : 
1°) des voies de conduction qui s’étendent sur 16 générations avec des bronches qui correspondent aux branches de l’arbre bronchique.
2°) des voies respiratoires qui s’étendent sur 7 générations et incluent les bronchioles terminales, les bronchioles respiratoires, les canaux alvéolaires et les sacs alvéolaires.

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